Cornebidouille, de Pierre Bertrand et Magali Bonniol

Qui a peur des sorcières ?

Judith Histoires d'aujourd'hui Leave a Comment

Les sorcières : voilà un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Si dans les contes, les sorcières sont des êtres maléfiques et inquiétants, dans les histoires pour enfants plus contemporaines, elles sont souvent moquées et détournées pour faire rire les petits.

Parmi les meilleures histoires de sorcière, il y a bien sûr le roman de Roald Dahl Sacrées Sorcières, dans lequel il décrit de biens effrayantes créatures, qui se mêlent parmi les vraies femmes. Heureusement, on peut les reconnaître facilement grâce aux gants qu’elles portent, à leur crâne chauve dissimulé sous une perruque.

On les décrit aussi souvent vieilles, le dos vouté, le nez long et crochu et pourvu d’une verrue, en train de touiller longuement sa grosse marmite ou caresser son gros rat. On reproche d’ailleurs souvent aux contes d’être trop manichéens, trop noir et blanc : les sorcières symbolisent donc le mal par excellence, par opposition aux fées qui incarnent le bien. Pour tout vous dire, cette dualité fée/sorcière et le côté manichéen des contes me passionne tant que j’en ai fait mon mémoire pendant mes études littéraires.

Cornebidouille, de Pierre Bertrand et Magali Bonniol

© Cornebidouille, de Pierre Bertrand et Magali Bonniol

Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous résumer mon pavé universitaire. Mais je vais plutôt vous présenter l’une des sorcières les plus fameuses de la littérature pour enfant, la fameuse Cornebidouille. Pierre n’aime pas manger sa soupe. Alors, son père le menace : la sorcière Cornebidouille apparaît la nuit à minuit aux enfants qui refusent de manger leur soupe. Pierre s’en fiche, il n’a pas peur des sorcières. Pourtant, un jour, Cornebidouille lui apparaît bel et bien. Le petit garçon lui déclare qu’il n’a pas peur, qu’elle ne sent pas bon, qu’elle a un gros bidon et le nez en tire-bouchon.

Parfait pour faire rire l’enfant en prenant une voix de sorcière, cet album est aussi l’occasion de drédamatiser la figure de la sorcière qui essaye (ici en vain) de terroriser les enfants, et de parler des conflits autour de la nourriture. Bref, une histoire très drôle, à compléter avec La Vengeance de Cornebidouille et Cornebidouille contre Cornebidouille.

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