Baba Yaga, illustration d'Ivan Bilibine pour une édition du conte Vassilissa-la-très-belle.

Baba Yaga

Judith Contes d'autrefois, Histoires à raconter Leave a Comment

Il était une fois un roi qui avait trois fils. Un jour, le roi tomba gravement malade. Ses fils décidèrent d’aller chercher un élixir de vie, appelé pomme de jeunesse, afin de le sauver.

Les trois fils partirent ensemble dans la forêt. Ils parvinrent bientôt dans une clairière où se trouvait une cabane montée sur des pattes de poule. À l’intérieur habitait Baba Yaga, une vieille sorcière. En voyant arriver les trois jeunes hommes, elle sortit en fureur sur le pas de la porte et leur parla de sa voix stridente :

–         « Comment osez-vous pénétrer sur mon territoire ? Sachez que je ne laisse personne passer impunément.

–         Nous venons ici parce que nous sommes à la recherche de la pomme de jeunesse. Elle seule peut rétablir notre père le roi, qui est gravement malade.

–         Dans ce cas, je vous laisse passer. Je ne connais pas l’endroit où se trouve la pomme de jeunesse, mais allez voir ma sœur, qui est plus sage que moi. Le chemin est long, je vous prête un cheval qui vous mènera jusque chez elle.

–         Merci, Baba Yaga. »

Baba Yaga, illustration d'Ivan Bilibine pour une édition du conte Vassilissa-la-très-belle.

Baba Yaga, illustration d’Ivan Bilibine pour une édition du conte Vassilissa-la-très-belle.

Ils montèrent tous les trois sur le cheval, et parvinrent à une deuxième cabane montée sur des pattes de poule. La Baba Yaga sortit sur le pas de la porte et s’adressa à eux avec colère :

–         « Comment osez-vous vous aventurer en ces lieux ? Savez-vous que tout homme qui vient en ces lieux est puni de mort ?

–         Nous venons ici de la part de votre sœur. Elle nous envoie auprès de vous car nous sommes à la recherche de la pomme de jeunesse, qui seule peut rendre la santé à notre père mourant.

–         Puisque c’est ma sœur qui vous envoie, je vous laisserai la vie sauve. Je ne sais pas où trouver la pomme de jeunesse, mais vous pouvez aller consulter notre troisième sœur, qui est la plus sage et la plus puissante d’entre nous. Mon cheval vous y conduira.

–         Merci, Baba Yaga. »

Après une longue chevauchée, les trois frères arrivèrent à la maison sur pattes de poule de la dernière sœur. La Baba Yaga sortit en furie et les invectiva :

–         « Qui êtes-vous jeunes imprudents à venir en ces lieux défendus ?

–         Nous sommes à la recherche de la pomme de jeunesse pour notre père mourant. Nous venons solliciter votre aide, de la part de votre sœur qui nous a prêté ce cheval.

–         Je le reconnais et accepte de vous indiquer le chemin. Mais sachez qu’il est long et périlleux. Mon cheval vous y conduira, mais vous devrez franchir un mur, qui entoure le jardin où se trouve le pommier magique. Il appartient à une jeune reine. Mais sur le chemin du retour, vous devrez faire très attention au fil qui entoure le jardin, relié à une clochette. Vous ne devez, à aucun prix, effleurer ce fil ou c’en est fait de vous. »

Les trois frères partirent donc, parvinrent bientôt au mur qui entourait le jardin et le franchirent sans peine. Le pommier était bien au centre. Ils s’en approchèrent et cueillirent une pomme.

Au moment de repasser le mur, l’aîné prit de l’élan et sauta sans toucher le fil. Le second frère s’élança à son tour, et franchit le mur sans effleurer le fil. Yvan, le dernier des trois frères, sauta, mais il fut moins agile et son pied frôla le fil. Aussitôt retentit un vacarme épouvantable.

Les frères lancèrent leurs montures au grand galop, mais ils furent bientôt rattrapés par un cheval lancé à toute allure. C’était la reine du jardin au pommier qui s’était mis à la poursuite d’Yvan et de ses frères. Bientôt, ils arrivèrent tous les trois près de la cabane de la Baba Yaga.

Celle-ci sortit sur le pas de sa cabane et aperçut la reine qui pourchassait les trois frères. Elle s’élança à leur poursuite. Avec l’aide de ses deux sœurs, elle parvint à stopper la reine avant qu’elle puisse pénétrer dans le royaume d’Yvan.

Grâce à la pomme, les trois garçons sauvèrent la vie du roi. Une grande fête fut alors organisée. Tous les sujets étaient conviés. Au matin de la fête, une immense tente s’élevait sur la pelouse devant le château. On dépêcha un messager afin de se renseigner. Celui-ci revint et déclara qu’il s’agissait de la reine au pommier. Elle menaçait de tout détruire si on ne lui livrait pas Yvan.

En entendant ce message, le roi fut bien ennuyé, car Yvan était son fils préféré. Il décida alors d’envoyer son premier fils à la rencontre de la reine. Mais celle-ci le renvoya, déclarant qu’elle désirait parler à Yvan, et Yvan seulement.

Malgré sa demande, le roi ne put s’y résoudre, et envoya son deuxième fils auprès de la reine. Celui-ci reçut le même accueil et retourna au château. Alors, Yvan décida de faire construire un pont recouvert d’un somptueux tapis rouge entre le palais et la tente. Puis, il se présenta devant la reine.

Elle était d’une grande beauté, Yvan ne put que s’agenouiller devant elle.  Celle-ci déclara alors d’une voix douce :

–         « Je devrais vous tuer, jeune prince, pour avoir eu l’audace de pénétrer dans mon royaume et dérober l’une de mes pommes de jeunesse. Cependant, je vous offre ma main, car vous avez également dérobé mon cœur dans ce jardin. »

Yvan s’empressa d’accepter. La fête fut organisée en grande pompe. Les noces qui suivirent furent non moins somptueuses, et durèrent de longues semaines.

Derrière le conte…

Baba Yaga est la sorcière la plus connue des contes russes. Elle peut être aussi bien un allié qu’un opposant, mais sa caractéristique principale est son pouvoir surnaturelle. De plus, elle a toujours un aspect inquiétant, voire menaçant, même quand elle finit par aider le héros, comme dans ce conte. Elle habite une maison montée sur pattes de poule qui peut parfois se tourner sur elle-même, et elle se déplace dans un mortier. Baba Yaga est toujours représentée comme une vieille femme.

Bien que moins connus, les contes russes sont extrêmement riches et nombreux. Ils ont été retranscrit par Afannassiev : avec près de 600 contes publiés, c’est la plus grande collection de contes, bien loin devant ceux des frères Grimm.

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